La coexistence des contraires.
Le printemps et l’été sont de retour! Faisons vite prendre l’air à notre ombre car nos tendances occultées nous empêchent de bien vivre quand elles restent refoulées dans l’inconscient. Notre ombre a tout à gagner à s’installer sur une terrasse en plein soleil. Ou bien prenons donc une petite marche de santé en sa compagnie. La coexistence de notre ombre et de notre lumière est riche de possibilités. Sans l’exposer au grand jour, l’ombre risque de nous assombrir la vie.
Image même des choses changeantes, l’ombre est ce qui s’oppose à la lumière. Cette partie de nous-mêmes se sépare de sa propre essence et se défend d’écouter la conscience de son âme distincte. La nier ne nous aide en rien. Cette ombre est ce qu’on refuse d’admettre mais qui s’impose toujours à nous. Elle se manifeste par des paroles et des gestes impulsifs qui trahissent ce que nous tentons de dissimuler en nous. L’ombre vit dans la peur car elle sait inconsciemment qu’elle est déloyale puisqu’elle trompe les autres en se trompant elle-même. Elle fait cela pour un agrément passager, pour de l’argent ou pour toute autre chose. Plus rarement, elle trouve un plaisir perverti dans la pratique systématique du mal. Comment l’approcher sans se perdre? En la transcendant. Comment la transcender? En trouvant le moyen de l’engager au service de l’éveil de la conscience.
Exemple cocasse: votre ombre veut devenir riche et célèbre mais vous avez honte de cette inhibition. Elle vous semble incompatible avec votre cœur car vous êtes conscient que le but et le bonheur de la vie doit se trouver ailleurs. Vous sentez comme si deux êtres vivaient en vous et cela vous cause des maux de tête, des complexes et de la confusion. La solution serait d’œuvrer dans le but de devenir effectivement riche et célèbre, mais de vous servir exclusivement de cette richesse et de cette célébrité éphémère dans un but altruiste, pour faire du bien autour de vous d’une manière ou d’une autre.
Chaque matin je tente de me réconcilier comme je peux avec mon ombre. Il me semble alors que dans chaque cellule du corps physique, le sentiment d’être isolé, seul et oublié se desserre. Je goûte une sorte de trêve, une fin des combats intérieurs. En d’autres mots, je savoure un moment de quiétude mentale. L’ange et le démon font la paix à l’intérieur. Ils décident d’un commun accord d’œuvrer pour une bonne cause. Se sentir en harmonie avec son ombre est une sorte d’enchantement.
Éclairer l’intérieur.
L’art de se réconcilier avec son ombre passe par la maîtrise des émotions toxiques. C’est incontournable. Je parle ici de la libération des ressentiments liés au passé et de la peur de l’avenir. Fouiller dans les mémoires du passé ne nous aidera pas à moins de couper le lien qui nous y relit une bonne fois pour toute. L’instant présent reste le seul moment dans l’existence sur lequel j’ai la possibilité d’exercer une influence quelconque sur mon ombre. Chaque être humain détient cette merveilleuse habileté de libérer ses pensées des peurs futures et des jérémiades du passé. Décidons d’être heureux à l’instant même! Ce sera toujours une bonne chose de faite…
L’ombre se pose toujours les mêmes questions : pourquoi m’a-t-on fait ça à moi? que va-t-il se passer demain? N’est-il pas plus important de savoir ce qui se passe à l’instant même dans ma vie, dans mon corps, dans mon esprit ? Et de savoir que la façon dont je me rends apte à naviguer sur l’océan des circonstances a le pouvoir de modifier mon futur en plus d’améliorer instantanément mon présent. Le karma, le destin, sont des concepts qui ont une certaine malléabilité. Je suis entier quand mon ombre n’a plus peur de la fatalité et quand je commence à transformer ma destinée par le pouvoir de la pensée et de l’intention.
Accueillir l’ombre d’autrui
Être fluide dans son esprit revient à être moins rigide dans son corps. On devient moins sujet aux torticolis. L’interaction du corps-esprit n’est plus à prouver. D’innombrables recherches universitaires ont démontré que plus une personne est anxieuse, moins son système immunitaire est fort. Inversement, plus quelqu’un est heureux et plus son système immunitaire est vigoureux. Notre ombre est-elle anxieuse? Rendons la prospère; faisons la danser dans la lumière de nos pensées positives.
L’ombre résiste tant qu’elle peut au changement. La résistance crée la souffrance. Impossible d’être heureux et en même temps de résister aux inévitables circonstances défavorables de la vie. L’ombre cherche aussi à changer les autres et cela nous fait souffrir. On se sentirait bien mieux si on pouvait accepter les gens tels qu’ils sont, avec défauts et qualités. Si on s’en tient aux applications pratiques de la physique quantique, tolérer l’ombre des autres revient à accepter la sienne, car tout est relié. Ce n’est pas une forme statique de résignation mais un sentiment positif de compassion.
Et s’il suffisait d’accepter que les choses soient comme elles sont, avec leur mystère et leur évidence, sans chercher à tout prix à tout changer? Ce serait un départ vers la sérénité. S’accepter tel qu’on est. S’aimer tel qu’on est, sans apitoiement ni adulation d’ego. L’amélioration vient ensuite d’elle-même, sans forcer. Tout semble alors s’arranger facilement, presque spontanément. Réconciliez-vous avec votre ombre et vous observerez dans votre quotidien des séries de coïncidences se placer en notre faveur. Tel est l’effet quantique des interactions intelligentes qui traversent tout être et toute chose.
Sans cette acceptation du soi entier, et de celui d’autrui, on ne peut apprécier ses voisins, ses collègues de travail, ses concitoyens ou les membres de sa propre famille. Guérir de son ombre revient à vivre heureux. Pareillement, comme nous pouvons l’observer clairement de nos jours, quand les motifs des organisations qui nous gouvernent demeure secrets, leur ombre devient maléfique et a tendance à déclarer la guerre aux autres peuples et aux autres cultures sous prétexte de protéger la paix.
Comment démasquer l’ombre.
L’ombre cherche avec avidité l’achèvement, le succès total, le couronnement des efforts. Cette recherche de perfection représente un tas de soucis supplémentaires. Faire de grandes choses n’est pas nécessaire! Être heureux reviendrait plutôt à entraîner son ombre à accepter avec sagesse les circonstances du présent afin d’en tirer le meilleur parti possible. Nous ne pouvons sauter dans une rivière deux fois au même endroit. La vie est un fleuve en mouvement. Quand je trouve que ma vie n’est pas ce que j’aurais souhaité qu’elle soit, je tente de faire le meilleur usage d’une mauvaise affaire…Sans cette fluidité mentale, à quoi bon avoir la tête pleine de théories ou de doctrines philosophiques? L’ombre se réfugie souvent dans l’intellect parce qu’elle s’identifie à l’ego temporaire. Sans avoir conscience de sa propre illusion, elle s’identifie à un « ism » (nationalisme, bouddhisme, communisme, catholicisme, capitalisme etc.) La plupart du temps, nos grands dogmes n’ont qu’un effet sur la conscience : ils nous font perdre la joie de vivre. Sous l’impression trompeuse de contrôler les secrets du monde, l’ombre devient imbue d’elle-même, susceptible, suffisante et condescendante. Cela devient tôt ou tard irrespirable. On pense alors être une sorte d’élu, ou de faire partie d’un peuple élu, d’être quelqu’un de « spécial », et inconsciemment le poids de ce fantasme nous angoisse de plus en plus. Une telle ombre devient vite lourde à porter. Elle se lance dans des croisades dramatiques. Elle traîne partout sa hantise de supériorité comme un boulet. C’est une grande cause de stress inutile. Une immense perte d’énergie. Quel est l’intérêt d’être extraordinaire à ce point si cela ne nous rend même pas heureux?
Accepter l’ombre et la lumière.
Se souvenir de notre insignifiance face à la majesté de l’univers procure un merveilleux sentiment de mieux-être. Car soudain nous sommes en mesure de dédramatiser tout ce qui nous arrive. Nos problèmes en deviennent eux-mêmes insignifiants. Tout s’arrange. On respire plus librement. On a tout à coup du temps libre. La vie paraît plus belle. Et si c’était ça le secret du bonheur? Et s’il suffisait d’être? S’accepter simplement tel qu’on est…avec son côté obscur et son côté clair. Vivre sans avoir rien à prouver, rien à cacher. Dans chaque cellule du corps passe alors une nouvelle énergie, un courant de santé. C’est une sensation inoubliable. L’ombre est encore là mais elle ne nous gêne plus. Nous ne souffrons plus de « la maladie de se sentir important ». Nous sommes ce que nous sommes, tout naturellement, et cela suffit à nous rendre heureux. Dans cet effort sans effort, l’ensemble corps-esprit trouve spontanément la réponse thérapeutique. La vie devient passionnante même si en apparence rien de majeur ne s’y passe vraiment. Les joies simples reviennent et les résultats sur la santé sont éloquents. Je crois qu’il s’agit avant tout d’une histoire d’amour infiniment précieuse avec soi-même, en cheminement vers l’ombre de sa propre lumière.
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